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La politique monétaire suisse paraît trompeusement simple de l’extérieur : la Banque nationale suisse maintient le taux directeur proche de zéro, le franc reste fort, et l’inflation reste basse. Mais les décisions derrière ce calme façonnent chaque hypothèque, chaque compte d’épargne et chaque portefeuille d’investissement du pays. Voici comment les taux d’intérêt suisses fonctionnent vraiment et pourquoi ils comptent pour votre argent.

Dernière vérification : mai 2026

Points clés

  • Le taux directeur de la BNS est à 0% depuis mars 2026 : La Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur lors de sa réunion de mars 2026, signalant une période prolongée de taux bas.
  • La Suisse a été la première banque centrale européenne à baisser ses taux en 2024 : La BNS a commencé à assouplir en mars 2024, avant la BCE et la Fed.
  • Les taux affectent trois choses simultanément : Le coût des hypothèques, les rendements de l’épargne, et le taux de change du franc. La BNS optimise sur les trois.
  • Les taux bas pénalisent les épargnants, récompensent les emprunteurs et pressent les investisseurs : Le cash ne gagne rien en termes réels, les hypothèques restent bon marché, et les investisseurs sont poussés vers les actions et obligations.
  • La plupart des économistes anticipent un maintien des taux à 0% jusqu’en 2026 : Certains analystes prévoient la première hausse de taux au second semestre 2027.

Qu’est-ce que le taux directeur de la BNS ?

La Banque nationale suisse (BNS) fixe un unique taux phare appelé taux directeur de la BNS. C’est le taux d’intérêt auquel les banques commerciales déposent l’argent à la banque centrale. Ce taux se propage dans tout le système financier suisse : il fixe le plancher pour ce que les banques paient sur les comptes d’épargne, le coût des hypothèques, les rendements des obligations d’État, et indirectement la valeur du franc suisse.

Depuis l’évaluation de politique monétaire du 19 mars 2026, la BNS maintient son taux directeur à 0,00%. Les avoirs à vue des banques commerciales à la BNS sont rémunérés à ce taux jusqu’à un seuil, avec une réduction de 0,25 point de pourcentage au-dessus.

La BNS se réunit trimestriellement pour évaluer la politique monétaire. Le calendrier 2026 comprend des réunions en mars, juin, septembre et décembre.

Pourquoi les taux suisses sont si bas

La Suisse maintient des taux structurellement plus bas que ses voisins pour trois raisons :

  • Inflation faible : Les prévisions d’inflation suisses sont de 0,5% pour 2026 et 2027, bien en dessous de la zone euro ou des États-Unis. Sans inflation à combattre, la BNS n’a aucune raison de garder les taux élevés.
  • Franc fort : Le franc est une devise refuge. Quand le stress mondial monte (guerre, récession, crise financière), l’argent afflue en Suisse, poussant le franc à la hausse. La BNS utilise des taux bas pour rendre le franc moins attractif et atténuer cette appréciation.
  • Économie dépendante des exportations : La Suisse exporte des machines, montres, produits pharmaceutiques et services financiers. Un franc fort rend ces exportations plus chères à l’étranger, pénalisant les entreprises suisses. Les taux bas sont en partie une subvention indirecte à l’export.

La BNS a été la première grande banque centrale européenne à commencer à baisser les taux en mars 2024, devant la Banque centrale européenne et la Fed américaine. Ce mouvement précoce reflète la rapidité avec laquelle l’inflation suisse est revenue sous contrôle comparé aux autres économies.

Impact sur les hypothèques

Pour les emprunteurs hypothécaires, des taux BNS bas signifient de l’argent bon marché. Les hypothèques variables suisses liées au SARON suivent étroitement le taux directeur. Avec la BNS à 0%, une hypothèque SARON en mai 2026 coûte typiquement entre 0,7% et 1,2% tout compris, selon les marges du prêteur et le ratio prêt-valeur.

Les hypothèques à taux fixe (5, 10, 15 ans) coûtent légèrement plus, reflétant l’attente du marché que les taux finiront par se normaliser. Une hypothèque fixe 10 ans coûte aujourd’hui typiquement entre 1,3% et 1,8%.

Comparées aux taux hypothécaires de 4 à 7% courants aux États-Unis et dans la majeure partie de l’Europe, le marché immobilier suisse est financé avec l’un des argents les moins chers du monde développé. Cela explique en partie pourquoi l’immobilier suisse est si cher : un financement bon marché crée une forte demande.

Impact sur l’épargne

Le revers de la médaille des hypothèques bon marché, ce sont des rendements d’épargne désastreux. Avec la BNS à 0%, la plupart des banques suisses paient entre 0,0% et 0,25% sur les comptes d’épargne standard. Quelques néo-banques et fournisseurs digital-first offrent des taux légèrement meilleurs sur certains types de comptes ou tranches de solde.

Pour un épargnant détenant CHF 50 000 en cash à 0,10% d’intérêt, cela représente CHF 50 d’intérêts annuels. Pendant ce temps, les prévisions d’inflation suisses de 0,5% signifient que le pouvoir d’achat réel de ce cash diminue. Après prise en compte de l’impôt sur la fortune, le détenteur perd en réalité de l’argent en termes réels chaque année juste en gardant du cash.

C’est la raison structurelle pour laquelle les résidents suisses se tournent de plus en plus vers l’investissement plutôt que l’épargne. Pour la richesse à long terme, le cash est l’un des actifs aux moins bonnes performances dans un environnement de taux zéro.

Impact sur les investissements

Pour les investisseurs, les taux bas créent un environnement de marché particulier :

  • Les obligations paient peu. Les obligations d’État suisses rendent proche de zéro. Les obligations d’entreprise investment grade rendent 1,0% à 2,0%. Pour les portefeuilles à forte composante obligataire, les rendements réels après inflation sont souvent négatifs.
  • Les actions sont favorisées. Quand les actifs plus sûrs paient presque rien, l’attractivité relative des actions augmente. Le Swiss Market Index a historiquement délivré 5-7% annualisés sur de longues périodes, bien au-dessus de ce qu’offrent le cash et les obligations.
  • L’appétit pour le risque change. Les investisseurs prennent plus de risque qu’ils ne le feraient autrement, chassant le rendement dans des actifs alternatifs, marchés émergents et placements privés.
  • La couverture de change compte. Un franc fort combiné à des taux suisses bas fait que les rendements des actions étrangères se traduisent mal en CHF au fil du temps. Beaucoup d’investisseurs suisses préfèrent les versions CHF-couvertes des ETF d’actions internationales.

L’implication pratique : garder du cash est le choix le plus coûteux dans cet environnement. Le mandat d’investissement d’Alpian est structuré autour de portefeuilles globalement diversifiés qui composent à travers les cycles de taux plutôt que d’attendre que le cash se rétablisse.

La Suisse face à ses voisins

Banque centraleTaux directeur (mai 2026)Prévision inflation 2026Première baisse
Banque nationale suisse0.00%~0.5%Mars 2024
Banque centrale européenne~2.00%~2.0%Juin 2024
Réserve fédérale US~4.00%~2.5%Septembre 2024
Banque d’Angleterre~3.75%~2.2%Août 2024

Le taux suisse de 0% est le plus bas parmi les grandes banques centrales des marchés développés. L’écart compte pour les marchés des changes (des taux suisses bas affaibliraient normalement le franc, mais les flux refuges compensent souvent plus que cela) et pour les investisseurs transfrontaliers prenant des décisions d’allocation.

Ce qui se passe ensuite

La plupart des économistes anticipent que la BNS maintienne les taux à 0% jusqu’en 2026, avec une première hausse possiblement au second semestre 2027. Les déclencheurs clés qui changeraient cette vue :

  • Inflation surprenant à la hausse : Si l’inflation suisse monte durablement au-dessus de 1%, la BNS subirait une pression pour resserrer. Les chocs des prix de l’énergie et un affaiblissement du franc sont les deux scénarios les plus susceptibles de produire ceci.
  • Affaiblissement significatif du franc : Si le franc s’affaiblit fortement (au-dessus de 1,00 contre l’euro), l’inflation importée monterait et la BNS pourrait réagir.
  • Stress financier mondial : Les grandes crises bancaires ou de dette souveraine déclenchent typiquement un renforcement du franc, ce qui pousserait la BNS vers une politique plus accommodante, possiblement incluant des interventions de change avant de nouvelles baisses de taux.

Pour les investisseurs, la conclusion pratique est que l’environnement actuel, taux bas et inflation basse, devrait probablement continuer pour une période prolongée. Construire des portefeuilles autour de cette réalité compte plus que de parier sur des changements de taux.

Questions fréquentes

Quel est le taux d’intérêt suisse actuel ?

Le taux directeur de la BNS est de 0,00% depuis la décision de mars 2026. C’est le taux phare que la Banque nationale suisse facture et paie sur les avoirs à vue, et il fixe le plancher pour tout le système de taux d’intérêt suisse, des hypothèques à l’épargne.

Pourquoi les taux suisses sont-ils plus bas que le reste de l’Europe ?

Trois raisons : une inflation structurellement plus basse (l’inflation suisse oscille autour de 0,5%, contre 2-3% dans la zone euro), le statut de refuge du franc créant une pression haussière constante que la BNS compense par des taux bas, et l’importance de protéger les exportateurs suisses d’un franc trop fort.

Quand les taux suisses vont-ils monter ?

La plupart des économistes anticipent un maintien des taux à 0% jusqu’en 2026. La première hausse de taux est actuellement prévue pour le second semestre 2027, mais cela dépend fortement de la trajectoire de l’inflation et des conditions globales. Personne ne peut prédire les décisions des banques centrales avec certitude.

Comment les taux bas affectent-ils mon hypothèque ?

Les taux bas rendent les hypothèques bon marché. Une hypothèque variable liée au SARON en Suisse en 2026 coûte typiquement 0,7% à 1,2% tout compris. Une hypothèque fixe 10 ans coûte 1,3% à 1,8%. Parmi les taux hypothécaires les plus bas du monde développé, expliquant en partie les prix de l’immobilier suisse.

Faut-il garder mon argent sur un compte d’épargne ou l’investir ?

L’épargne en cash à 0,0% à 0,25% perd du pouvoir d’achat réel chaque année après inflation et impôt sur la fortune. Pour l’argent dont vous n’avez pas besoin dans les 1-2 prochaines années, investir produit typiquement de meilleurs résultats à long terme. Pour ouvrir un compte Alpian avec options de banque premium et d’investissement, le minimum pour commencer à investir est de CHF 2 000.

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Pour aller plus loin : comment minimiser l’impact de l’inflation, créer votre stratégie d’investissement à long terme, et le montant minimum pour commencer à investir.

À propos de l'auteur

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